Covid-19 Industrie du transport Octobre 2020

Quel est l’impact du Covid-19 chez Jost Group ?

(Pour voir notre rapport en ligne, cliquez -> ici)

Un peu plus d’un semestre, c’est ce qui nous sépare des premières mesures de confinement imposées par les différents gouvernements, belges et européens. Nous sommes en train d’entrer à nouveau dans une phase plus restrictive.

Si le secteur du transport routier, qui représente à lui seul 75% du transport de marchandises en Europe, se montre résiliant depuis le début de la crise, qu’en sera-t-il demain ? Quels enseignements pouvons-nous tirer du premier confinement et du ralentissement de l’activité économique mondiale ?

Tant de questions auxquelles bon nombre d’entreprises du secteur du transport et de la logistique sont amenées à répondre.

Dans cet article, Jost Group met en lumière la manière dont cette crise a été et est vécue au sein du Groupe ainsi que les perspectives post covid-19.

La pandémie du covid-19 oblige à repenser le système opérationnel du transporteur

La crise sanitaire, aux conséquences multiples, évolue selon une ligne du temps dont le dénouement demeure encore incertain.

Il y a sept mois, les acteurs économiques, quel que soit leur secteur, ont dû adapter leur fonctionnement et mode opératoire pour continuer d’assurer les approvisionnements.

Ces acteurs économiques doivent jongler avec les recommandations et les directives de leur gouvernement respectif, ce qui impacte considérablement la gestion du carnet de commande et le planning des activités. Cette instabilité commerciale est liée à de nombreux facteurs :

  • Décisions gouvernementales changeantes en fonction des politiques nationales en Europe, avec des confinements, des reconfinements et des fermetures de frontières qui ont impliqué des adaptations importantes afin de continuer à acheminer et livrer en temps et en heure les marchandises de nos clients.

  • Circulation des biens et des personnes dans l’Union Européenne soumise à des règlementations en perpétuel mouvement, en fonction des prescriptions sanitaires

  • Arrêt temporaire quasi-total du trafic aérien

  • Multiples modifications ou annulations de certains trafics routiers

  • Échanges commerciaux fragilisés par la chute des importations/exportations

  • Pénurie aux points d’origine de certaines marchandises

  • Transports urgents et prioritaires pour le secteur médical

  • Nécessité absolue d’approvisionner les chaînes de la Grande Distribution

  • Entreprises en difficulté

  • Chômage économique et ralentissement des opérations

  • ...

Dès l’annonce du confinement initial, le transport a été touché par les fluctuations à la hausse ou à la baisse plus ou moins longues du volume d’activités.

De manière générale, les volumes acheminés par la route ont considérablement baissé, à l’exception du secteur de la distribution alimentaire qui s’est vu en croissance par l’achat massif de biens alimentaires pour palier le confinement. Au mois de mars 2020, cette croissance se chiffrait de l’ordre de 30% à 50% supplémentaires par rapport au volume habituel pour la branche Grande Distribution de Jost Group. [Transportmedia, Jost Group : « De 30 à 50 % de demande en plus »].

Un autre impact sur le système opérationnel se situe au niveau de la supply chain : la baisse de productivité liée, notamment, à l’allongement des temps de chargement et de déchargement. [Communiqué de presse, FNRT, CORONAVIRUS : Impact de la crise sur les entreprises du Transport routier de marchandises Troisième enquête : Un secteur fragilisé en attente de réponses claires de l’État]

S’ajoute alors la problématique des kilomètres à vide qui sont eux aussi en augmentation de 21% par rapport à la moyenne habituelle, engendrant un surcoût de 15,3% sur chaque kilomètre réalisé par rapport à la situation d’avant crise sanitaire. [Étude du CNR, Covid-19 - Impact de la crise et coût des mesures sanitaires pour les entreprises de TRM]

Le processus de groupage des marchandises a dû faire preuve d’une flexibilité incroyable pour assurer le transport.

Malgré la hausse de volume dans le secteur de la distribution, les sociétés de transport ont essuyé en moyenne une perte de 48% du chiffre d’affaires sur les premiers mois du confinement. [Communiqué de presse, FNRT, Crise du Covid19 - Impact sur les entreprises de transport routier de marchandises – 2ième enquête]

Même si, ensuite, nous avons constaté une reprise, elle a été loin de se situer au niveau d’activité pré-Covid-19. Et maintenant, qu’en est-il ? Les nouvelles mesures de précaution vont-elles à nouveau freiner l’économie ? Quel compromis entre santé et économie va pouvoir être trouvé ?

Mais concrètement, pour une structure de transport, qu’est-ce qui a changé ?

La crise du Covid-19 ne peut se résumer à une seule baisse d’activité. Elle s’accompagne bien évidemment de modifications de coûts variables et/ou de charges fixes à la hausse, d’une évolution du coût du travail, ...

La gestion opérationnelle, l’attribution des ressources en véhicules, en personnel et la nature du travail à fournir pour servir nos clients ont connu des changements significatifs, dû à une série de facteurs extérieurs apparaissant comme des contraintes supplémentaires, dans la gestion d’une complexité en croissance. L’élément le plus significatif a été les variations importantes de volumes ; d’un secteur à l’autre, nous obligeant à augmenter notre capacité et notre réactivité / proactivité à gérer pratiquement les changements rapides, comme nous l’avons expliqué dans la première partie de cet article.

D’un point de vue économique, les mesures pour assurer le respect des directives européennes et gouvernementales en matière de protection des collaborateurs représentent des coûts directs et indirects supplémentaires, inexistants auparavant.

  • Contrôle d’accès aux bâtiments, des chemins de circulation bien délimités, la condamnation de certains équipements de confort pour respecter la distanciation sociale, ...

  • Aménagement de tous les locaux et des sites avec un panneautage, une signalétique.

  • Aménagement de panneaux en plexiglas, d’espaces aérés pour accueillir les travailleurs avec la distanciation sociale, et réalisation d’autres travaux pour garantir la sécurité sanitaire.

  • Nettoyage plus fréquent et désinfection des locaux mais aussi des cabines pour les chauffeurs.

  • Approvisionnement de gel hydro-alcoolique, gants, masques, lingettes, spray désinfectant, etc. pour tous les chauffeurs et collaborateurs.

  • Séparation temporaire des équipes qui travaillaient en duo dans la même cabine

  • Suppression temporaire des formations d’accompagnement professionnel des chauffeurs

  • Impossibilité de suivre des formations en groupe

  • Fermeture des centres d’examen pour le passage et le renouvellement des permis

  • Fermeture du contrôle technique

  • ...

C’est toute une organisation qui s’est mise en place pour assurer la protection de nos collaborateurs. Des stocks de masques et des gants chirurgicaux, inexistants à la base, ont dû être créés, malgré la pénurie initiale, pour s’assurer que chauffeurs et employés puissent travailler dans les meilleures conditions avec du matériel de protection désinfecté.

Dès début mars, nos services hygiène et sécurité ont travaillé d’arrache-pied pour

  • Mettre en place et approvisionner en continu tous les sites du groupe avec les articles de protection de base.

  • Informer en continu les travailleurs des règles à suivre.

  • Encadrer les équipes et les assister dans l’exhortation au respect de toutes les règles.

  • Vérifier l’application de ces règles par de fréquents audits, débriefés immédiatement quant aux mesures à préciser ou corriger.

  • Sensibiliser, accompagner, répondre aux multiples questions et rassurer tout le personnel.

Nos conseillers en prévention et nos auditeurs internes ont été mobilisés pour réfléchir à la meilleure disposition de nos locaux sur chaque site. À ce jour, ils voyagent encore continuellement pour s’assurer du bon suivi des directives et du respect des gestes barrières.

Nous sommes en train de finaliser le rapport de toutes les actions mises en place afin d’accéder à la certification Covid-19.

Un des enjeux majeur pour Jost Group est évidemment la bonne santé de ses    employés !

Financièrement, que cela représente-t-il ?

La FNTR annonce dans son enquête une hausse de 7,2% des charges de l’entreprise liées aux coûts directs. Le CNR, lui, estime que les mesures sanitaires obligatoires représentent un cout de 0,5% à 6% du prix de revient standard en fonction du type d’activité. [Étude du CNR, Covid-19 - Impact de la crise et coût des mesures sanitaires pour les entreprises de TRM]

Dans un secteur où les marges sont déjà extrêmement faibles, une augmentation, même de 1%, a des impacts considérables.

Tous ces nouveaux coûts auxquels ont dû faire face les sociétés de transport n’ont pas été accompagnés d’une hausse des prix de vente.

Face à la baisse du volume à transporter, le secteur s’est vu imposer une pression sur le prix de vente par les donneurs d’ordres. Les sciences économiques l’expliquent d’elles-mêmes, l’augmentation de l’offre et la baisse de la demande impliquent une baisse des prix à court terme.

Comment, chez Jost Group, fait-on face au Covid-19 ?

L’organisation de la société a été revue et adaptée en fonction de tous ces paramètres. Bon nombre de réflexions ont été menées afin d’organiser au mieux le travail et nos activités pour maintenir notre excellence opérationnelle durant cette période sans précédent. L’extrême flexibilité est un élément décisif dans l’agilité à avoir pour répondre aux besoins de nos clients en veillant à rester une situation économiquement saine, assurant la pérennité de l’entreprise.

Afin de garder le cap face à une activité décroissante, nous avons ajusté, dans toutes nos sociétés en Europe, nos effectifs, en recourant au chômage économique. Nous avons également supprimé tout achat non-essentiel, afin de passer cette période particulièrement difficile économiquement. La gestion pointue des coûts est extrêmement importante afin de concentrer les ressources humaines et financières sur les activités essentielles.

De plus, suivant les directives gouvernementales, nous avons très rapidement mis en place le télétravail pour tous les employés dont le champ d’action le permettait.

Jost Group est fier de constater que la confiance a été encore renforcée au sein des équipes, voyant le bon fonctionnement de notre société malgré les distances qui séparaient nos collègues.

Nos employés se sont vite accoutumés à gérer leurs tâches à distance en gardant une proactivité, une communication et une efficacité qui sont l’apanage du Groupe solide que nous sommes. Le numérique s’est ancré considérablement dans nos modes communicationnels et de travail. Grâce à la digitalisation renforcée nous avons pu communiquer, que cela soit avec nos employés, nos chauffeurs, nos clients ou toute autre partie prenante, à distance et en toute facilité.

Nous avons alors favorisé, en parallèle au chômage économique partiel, le télétravail, les congés annuels, le roulement dans les départements, les congés pour garder les enfants, etc.
Le renforcement d’agilité dans la gestion du personnel, même pour un grand nombre d’employés, associé à la bonne volonté de l’ensemble du personnel, est un gage de pérennité pour notre entreprise !

Nous en profitons pour remercier chaque membre de nos équipes !

Et qu’en est-il des héros de la route ?

Nos chauffeurs ont agi envers la population avec beaucoup de responsabilité et d’efficience. Durant cette crise sanitaire, il va sans dire que les magasins devaient, en toute priorité, être réapprovisionnés en denrées alimentaires, les hôpitaux en fournitures médicales, les véhicules en diesel, etc. Par ailleurs, les personnes confinées ont acheté massivement en ligne et ont pu voir l’importance du transport routier pour assurer jusqu’à leur domicile la livraison des articles commandés.
Le E-commerce a augmenté de près de 10% sur la période du confinement.
[Nielsen, COVID- 19 : UN NOUVEAU PALIER ATTEINT EN FRANCE PAR LE E-COMMERCE].
Face à ces changements de consommation, tout un chacun a pu apprécier à sa juste mesure l’importance du secteur du transport.

Les chauffeurs ont fait preuve de dévouement et ce, parfois au détriment de leur confort. Ils ont rencontré des situations particulières car certaines aires de repos étaient inaccessibles, les magasins des stations-services fermés sans accès à l’eau courante, aux douches ou au simple café du matin. Ils se voyaient même refuser l’accès aux toilettes chez certains clients pour des questions de prudence sanitaire. De notre côté, nous avons tout fait pour rendre nos installations sanitaires et salles de repos non seulement accessibles 24h/24, 7j/7 mais aussi sûres, par des chemins d’accès balisés, un nettoyage et des désinfections plusieurs fois par jour, des gels hydro-alcooliques à tous les comptoirs et personnels à chacun, des masques, des gants ...

Nous avons salué leur professionnalisme et leur implication personnelle et les avons soutenus sur tous les fronts !

Ce n’est plus un secret pour personne, les chauffeurs routiers sont indispensables à notre économie ! Ils contribuent à la croissance du produit intérieur brut (PIB) et à la création d’emplois et ils empêchent la pénurie dans nos magasins.

Quelles sont les perspectives futures ?

L’IRU (International Road and Transport Union) a récemment publié : “Les entreprises de transport de marchandises dans le monde s'attendent à une baisse moyenne de 18 % de leur chiffre d'affaires en 2020, pour un total de 551 milliards d'euros.“ [IRU, Global recovery on the line as road transport losses escalate]

Si certains secteurs comme la distribution et l’e-commerce tirent leur épingle du jeu, la pandémie du coronavirus a un impact majeur sur nos systèmes de transport, compte tenu de l’interdépendance étroite entre les chaînes d’approvisionnement européennes, soutenu par un réseau de services de fret multimodal, bien implanté chez Jost Group !

Même si la situation a évolué positivement par rapport à mars-avril, le secteur du transport continue de souffrir de cette pandémie. La période qui s’annonce maintenant nous donne à penser que nous allons de nouveau devoir intégrer de nouveaux changements. Nous sommes forts d’une première expérience, nous avons capitalisé de nouveaux comportements, de nouvelles manières de travailler et sommes prêts à faire face à ce qui nous sera donné à vivre, dans cette nouvelle Société.

C’est aussi grâce aux aides gouvernementales que les sociétés de transport, petites ou grandes, peuvent espérer maintenir le cap et une stabilité future pour l’ensemble de leurs collaborateurs.

En faisant évoluer le secteur, nous pourrons maintenir une vision prospère d’investissements pour l’environnement, l’humain, le digital et la technologie. Une transition vers un transport routier plus vert et numérique, soutenu par la compétence accrue des acteurs humains est une clef pour le futur.

Cette transition écologique, Jost Group l’a comprise et l’a intégrée depuis longtemps dans sa vision ! Nous investissons continuellement dans un transport plus vert. Cet objectif passe par l’achat de 500 camions LNG, d’une station LNG opérationnelle sur notre site de Herstal, avec 3 autres stations en projet, mais aussi par la modification de nos infrastructures, plus responsables. En même temps que cette transition environnementale, nous persévérons dans une transformation digitale de nos services, pour rester à la pointe du secteur !

En conclusion, cette crise sanitaire a pour compte bon nombre d’impacts négatifs, tant sur les aspects économiques et financiers que sociaux. Mais cette crise a tout de même permis de montrer la flexibilité et l’agilité de notre société pour assurer une excellence à tous les échelons dans notre travail. Elle implique une digitalisation accrue de nos services et de notre façon de soutenir le transport routier en Europe, grâce aussi à nos filiales dans toute l’Europe et à la compétence de notre personnel.

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